mardi 3 décembre 2013
mardi 12 novembre 2013
Des huées qui fâchent
Le président de la République, François Hollande, a été hué lors de son passage sur les Champs-Elysées, à l'occasion des cérémonies du 11 novembre. Un évènement qui a outré une grande partie de la classe politique qui dénoncent des perturbations dans "un moment de recueillement et de rassemblement pour la nation".
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| C'est après son passage près de la tombe du soldat inconnu que le Président a été victime des huées |
A gauche comme à droite, l'événement a fait réagir toute la classe politique à l'unisson, déplorant des "insultes à la mémoire nationale", à un moment qui "ne s'y prête pas".
À GAUCHE
• Harlem Désir, premier secrétaire du PS, a condamné dans un communiqué "avec la plus grande fermeté les désordres provoqués par des extrémistes, notamment du Printemps français". "Ces troubles organisés à l'occasion d'une journée de commémoration et d'unité nationale sont totalement indécents et insupportables : en venant troubler un moment d'hommage à nos soldats, ces extrémistes ont insulté notre mémoire nationale. (...) Nous attendons de toutes les formations politiques républicaines qu'elles condamnent fermement ces agissements intolérables."
• Jean-Christophe Cambadélis, député PS de Paris : "Sans être un militariste à tous crins, siffler et huer une sonnerie aux morts de 1914 et de toutes les guerres est choquant. Ce qui s'est passé ce 11 novembre sur les Champs-Elysées ne passe pas. Le droit de contester une politique est libre en France. Mais les formes pour l'exprimer en disent long sur le niveau d'acculturation des auteurs" (communiqué).
• Le ministre de l'agriculture, Stéphane Le Foll, a estimé qu'il était "indigne de la part de ceux qui ont manifesté de perturber ce recueillement". "Décidément il y a des gens... et on le sait, cette extrême droite... qui n'aiment pas la France. (...) Tout le monde a le droit de manifester, mais il y a des moments où on doit respecter un moment de recueillement", a-t-il dit. Rappelant que selon le ministre de l'intérieur, Manuel Valls, des manifestants des Champs-Elysées étaient "liés à l'extrême droite", M. Le Foll a jugé qu'à "ceux-là, il faut qu'on leur dise que la France mérite mieux que ça, que cette expression de haine, cette expression systématique qui consiste à contester la mémoire d'un grand pays comme le nôtre".
À DROITE
• Le président de l'UMP, Jean-François Copé, a déclaré sur Canal+ : "les journées de commémoration doivent être réservées au rassemblement du pays et je trouve très regrettable que l'on vienne mélanger les genres un jour comme celui du 11-Novembre", où "il n'y a pas de place pour le débat politique". Il a cependant souligné dans le même temps "le niveau d'exaspération" dont "refusent de prendre conscience François Hollande et son gouvernement".
• L'ex-ministre de la défense et président du Nouveau Centre, Hervé Morin, a indiqué n'avoir "pas de souvenir d'un chef de l'Etat hué ainsi lors d'une cérémonie nationale comme celle-ci" et a affirmé que "le moment ne s'y prête pas" vu la "solennité du recueillement" pour ce "devoir de mémoire" et ce jour commémorant "un passé commun" fait de "tellement de souffrances pour le peuple français". "Même si François Hollande n'est pas à la hauteur de la situation" et "quel que soit le mépris qu'on peut avoir pour le président de la République – c'est le sentiment qui domine –, on ne le fait pas comme ça", a encore considéré ce membre de l'Union des démocrates indépendants, désormais alliée au MoDem au sein de l'Alternative.
• Wallerand de Saint-Just, candidat FN à la mairie de Paris, brièvement interpellé lundi sur les Champs-Elysées : "M. Valls a fait arrêter préventivement et arbitrairement les adhérents du Front national venus assister pacifiquement aux cérémonies patriotiques du 11-Novembre (...). La décision du ministre est inacceptable et scandaleuse. Je demande la libération immédiate de ces adhérents et j'exigerai des excuses de ce pouvoir dévoyé et affolé."
• Réagissant aux interpellations qui ont eu lieu sur les Champs-Elysées, et notamment celle du candidat FN à la mairie de Paris, la présidente du Front national, Marine Le Pen, a dénoncé des arrestations "arbitraires" et rejeté toute responsabilité dans les incidents qui ont émaillé les cérémonies. A la question de savoir si elle était choquée par ces manifestations, Mme Le Pen a répondu : "Je désapprouve tout à fait ce comportement. On ne manifeste pas le jour des commémorations. Mais je suis obligée de remarquer que le gouvernement a tellement créé la désunion et la souffrance qu'il y a un peu partout dans notre pays une ambiance de révolte, y compris hélas dans des moments qui doivent être de communion."
Les anciens combattants présents se sont dits profondément dégoûtés et choqués par ces comportements comme en témoigne ce reportage de BFM TV :
Les tweets politiques :
Les sifflets du 11-Novembre sont une attaque envers la République http://t.co/UmJe2XGLqV
— Libération (@liberation_info) November 12, 2013
«Je n'aime pas F. Hollande, mais je respecte sa fonction » @LellouchePierre #sifflets #11novembre http://t.co/negJo7Sado #Talk
— Le Figaro (@Le_Figaro) November 12, 2013
Manuel Valls :"cela suffit! le gouvernement est à l'écoute. On ne peut pas mettre en cause le #11novembre, c'est un moment de rassemblement"
— itele (@itele) November 11, 2013
Selon Jean-François Achilli, journaliste de France Info, l'impensable a été franchi.
Cette manifestation à l'encontre de la politique du gouvernement, n'est pas la première. Depuis l'élection de François Hollande, quelques gros évènements sont venus remettre en question la légitimité du gouvernement.
Bref historique de ces petites crises :
Manifestations contre la politique du gouvernement on Dipity.
Sources : LeMonde ; Youtube ; Franceinfo ; Twitter
Sources : LeMonde ; Youtube ; Franceinfo ; Twitter
jeudi 7 novembre 2013
Nombre de chômeurs en Midi-Pyrénées
Le chomage de la région Midi-Pyrénées en quelques chiffres.
Source : INSEE
Source : INSEE
mardi 5 novembre 2013
(Exo 1) Stromae : melting-pot belge
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| Le titre "bâtard" reflète la pluralité de la personnalité de l'artiste |
Photo: CC Certain droits réservés par Peter Huys
Né à Bruxelles il y a vingt-huit ans, le chanteur Stromae (Paul Van Haver) est l'auteur de deux tubes de l'été 2013 : Formidable et Papaoutai. Il est devenu en quelques semaines "un phénomène", selon Arno, 64 ans. Le rocker ostendais partage avec son jeune confrère cette "belgitude", que cerne parfaitement, selon lui, L'Entrée du Christ dans Bruxelles en 1889, du peintre James Ensor. On y voit, expose Arno avec son épais accent, les paradoxes de la "pagaille" belge : masques inquiétants qui hantent les fêtes populaires, goût pour l'agitation politique et l'ironie de la farce, collages de couleurs contraires et de formes géométriques. "Je suis fier de Paul", assène le chanteur rocailleux, empreint de surréalisme, précisant : "Nous sommes tous des enfants de Magritte. Paul aussi."
Paul Van Haver (Stromae, prononcer Stromaï, à la bruxelloise) est un grand type dégingandé et longiligne, un métis belgo-rwandais portant costard et nœud papillon assorti, mocassins colorés, polos géométriques et chemises à col à motifs de papier peint – bleu indigo, jaune canari, rouge carmin. Ses collages musicaux sont à la mesure de ce corps incongru, de ses oreilles décollées, de sa taille de gazelle. "J'ai, dit-il, un physique androgyne, j'ai trois poils, un blond, un gris, un brun. A raser tout le temps."
Racine carrée, son deuxième album, a paru le 19 août. A la mi-juillet, il se livrait à un tunnel de séances photo à La Fabrique 22A, un studio installé rue Notre-Dame-du-Sommeil, juste derrière le quartier Dansaert. Tout près, un restaurant où l'on parle anglais en écoutant Nel blu dipinto di blu (Volare), de l'Italien Domenico Modugno, propose des sandwichs au makreel (maquereau), au vorkens pikant (porc épicé), au kip masala (poulet) et des boodje (des rôtis) – le patron vient du Suriname, l'ex-Guyane néerlandaise. "C'est le bazar bruxellois", définit Arno, cette imbrication de nationalités, ses "quinze bourgmestres, ses quatre langues". Nécessité faisant loi, il faut créer pour ordonner.
SE MOQUER DES PUISSANTS
La Belgique a été "un champ de bataille. Elle a été fabriquée au centre de l'Europe, cernée de puissants voisins, poursuit le chanteur. Nous sommes confrontés à plein de musiques, on est obligé d'inventer pour exister de manière authentique, sans copier. Ce qu'a fait Paul". Premier apport : les musiques électroniques, dont la Belgique est l'une des plaques tournantes en Europe du Nord, depuis la création du groupe Telex en 1978 jusqu'aux échantillonnages virtuoses des Gantois 2 Many DJ's. A cette musique de dance-floor, Stromae a ajouté des réminiscences africaines, du hip-hop, de la chanson, avec Jacques Brel en grand inspirateur. "Brel vivait aussi à Bruxelles. Paul a grandi dans la commune bruxelloise de Laeken, j'y ai vécu aussi. Quand on dort avec un chat, on attrape ses puces", conclut Arno
.
Sur la pochette de Racine carrée, Stromae pose de profil, long cou, coupe au bol, la forme du visage reprenant le symbole mathématique de la racine carrée. Il a des allures de bon élève, volcan assoupi, humeur cadrée. Il peut chanter en petit-nègre pour se moquer des puissants, raconter la mainmise belge sur le Rwanda en 1923, le "gros braquage de Léopold II sur le Congo, qu'il a pris pour son jardin" ; il peut battre les préjugés en brèche – "marre d'entendre que les Wallons sont chômeurs et les Flamands séparatistes". Toujours, il séduit. Il compose son rôle de perturbateur gracieux.
En 2010, Stromae chantait Alors on danse. Posté sur Internet par ce loupiot bricoleur en chambre qui s'était auto-intronisé Stromae, anagramme de maestro, la chanson était un constat amer et lucide de l'inconfortable condition européenne, des faux-semblants de la richesse sociale. La chanson avait passé les frontières, s'était vendue à 3 millions d'exemplaires dans le monde, notamment grâce "aux petites vidéos d'autopromotion, craquantes", dit Olivier Nusse, directeur du label Mercury/Universal, sa maison de disques.
Cheese, l'album, était sorti après le tube, bien trop tard. Charles Bensmaine, patron de la société de productions Auguri (M, Vanessa Paradis, Dominique A), a alors l'idée de restructurer la carrure du jeune artiste, par la scène. Aux Transmusicales de Rennes en 2010, Stromae a une carte blanche. Il y reprend la torride diatribe d'Arno – "Putain putain/c'est vachement bien/nous sommes quand même/tous des Européens" – avec lui. "Alors on danse était anecdotique, mais on a assisté là à l'éclosion d'une très forte personnalité, très belge, qui a créé une rupture dans la musique, comme Camille il y a quelques années, explique le critique rock Yves Bigot, qui a dirigé les programmes de la RTBF. Il a cette capacité de produire des textes chargés sur des musiques joyeuses, ce qui est le principe imparable du rock."
UN CLIP VU PAR 20 MILLIONS D'INTERNAUTES
Racine carrée a battu en une semaine le record de ventes francophones (25 000 albums en digital, 55 000 en CD). L'affaire avait été amorcée par deux succès, l'un de printemps, Formidable, l'autre d'été, Papaoutai. Le premier, dont le clip a été vu par 20 millions d'internautes, vaut par un refrain traînant comme un slam de fin de nuit ("Formidable, fooormidable/Tu étais formidable, j'étais fort minable/Nous étions formidables") et un riff de guitares tricoté à l'africaine. Le second, universel, pose la question de la paternité sur fond de musique de dance-floor ("Tout le monde sait comment on fait les bébés/Mais personne sait comment on fait des papas", "géniteurs" ou "génies", clip vu par 34 millions d'internautes).
Stromae est une antenne. Il capte, la crise, le sida, l'environnement, la misogynie, Twitter, la fausse richesse, depuis sa tour de contrôle bruxelloise. S'adresse aux métis, aux urbains, aux sans-père, à une jeunesse adepte du binge drinking, la cuite expresse. Stromae est un authentique malin, utilisant l'iPhone pour faire croire à une vidéo amateur le montrant ivre, débraillé, à l'arrêt d'un tram dans la pâleur d'un petit matin pluvieux. Quand il chante Formidable en direct dans l'émission de Frédéric Taddeï, "Ce soir ou jamais", il titube, exagère les références à Jacques Brel. Trois jours plus tard, il révèle la vérité en diffusant l'intégralité du clip : tout était comédie. Mais Brel ? "Je m'en inspire en effet dans l'interprétation. Il avait cette incroyable capacité de se mettre dans la peau de Jef, avec force, à fond. Et puis j'aime le "r" roulé comme les Flamands, avec la langue et le bas de la gorge", dit-il.
Pour Olivier Nusse, "ce qui fait la valeur de Stromae, c'est son talent pour glaner les histoires qu'il n'a pas vécues, et remettre le métier d'interprète sur le devant". Ainsi, le titre Formidable est né, explique son auteur, d'une rencontre fortuite avec un vrai ivrogne, "un SDF qui traîne tout le temps près de la place de la Bourse. Un peu travelo, portant une perruque. [Il est] passé un matin avec [s]on ex-copine. Il [leur] dit : "Ah ! Vous vous croyez beaux ?"" Puis, Stromae tricote des histoires à sens multiples, à mots cachés, d'une simplicité répétitive. Formidable, par exemple, est l'histoire d'un homme stérile, en butte à l'ostracisme social, fait remarquer un professeur de français qui a inscrit la chanson à son programme d'études. Oui, confirme Stromae. "Ce mec SDF était surtout largué. En le rendant stérile, je lui inventais une raison d'être paumé. Cela le revalorisait, le rendait attachant."
Plus loin, voici Quand c'est ?, pour le cancer ("T'as d'abord voulu te faire ma mère/T'as commencé par ses seins/Et puis du poumon à mon père/Tu t'en souviens ?"). Stromae raconte qu'il l'a fait écouter à sa mère, qui n'a pas de cancer. "Ça a jeté un froid sur le canapé. Moi, je suis le petit à sa maman, je suis un petit sage. Un peu schizo." La cuite de Formidable ? "J'ai été bourré une fois, je me suis mis la tête à l'envers et j'en ai pleuré de honte, je me touchais le visage, comme ça", raconte-t-il en posant ses longues mains sur ses joues.
L'ART DU PUNCH-LINE
Stromae a aussi un côté farceur, une qualité qu'il a repérée chez Cesaria Evora. Avec le rappeur Orelsan, il a composé Ave Cesaria, enregistrée avec des musiciens cap-verdiens et dotée d'une morale : "Malgré toutes les bouteilles de rhum, tous les chemins mènent à la dignité." Du rap, Stromae a pris l'art du punch-line, ces formules en forme de coups de poing poétiques. "Le rap m'a donné le goût du sens, je préférais la forme au fond. J'ai souvent envie d'essayer de bien parler. Je comprends le rap de la rue, mais je suis allé dans une bonne école" : un internat jésuite près de Namur, où ce féru de physique et de mathématiques monte Suspicion, un duo hip-hop, avec son ami J.E.D.I. Après leur séparation, Stromae se tourne vers la musique électronique, "pour [s]e différencier, [s]e libérer des carcans du rap, de l'enfermement du 120 BPM, des clichés".
Stromae il a plus de punchline que la plupart de vos "rappeurs".
— Van der MAEN (@LeMAEN) September 1, 2013
La famille Van Haver compte cinq enfants, une fille, quatre garçons. Maman est flamande, papa était un architecte rwandais, "coureur et dragueur", adepte des allers-retours, un Tutsi, tué pendant le génocide. "Le Rwanda a su pardonner. Je ne peux pas jouer les Africains, je n'ai pas grandi avec mon papa. Ma mère avait une attache avec le monde entier. Elle voyageait en Amérique latine, elle écoutait Koffi Olomidé, Franco, Zao. Ces sons ont été gravés dans l'inconscient de la famille. Avec les cousins, les amis de ma mère, on dansait la rumba, le slow, la salsa." Tout mélangé. L'un des personnages de chanson de Stromae est un "bâtard", "quelqu'un qui ne choisit jamais, comme moi, de peur de se tromper, d'être jugé. Encore plus connard que celui qui va demander de choisir". Entre la gauche, la droite, les Hutu, les Tutsi, les Flamands, les Wallons, "bras ballants ou bras longs" ?
"Ah, bah, voilà, nous, les Belges, on a des expressions, commente Arno, rieur. On dit : "Non, peut-être ; oui, sans doute.
sources :
Né à Bruxelles il y a vingt-huit ans, le chanteur Stromae (Paul Van Haver) est l'auteur de deux tubes de l'été 2013 : Formidable et Papaoutai. Il est devenu en quelques semaines "un phénomène", selon Arno, 64 ans. Le rocker ostendais partage avec son jeune confrère cette "belgitude", que cerne parfaitement, selon lui, L'Entrée du Christ dans Bruxelles en 1889, du peintre James Ensor. On y voit, expose Arno avec son épais accent, les paradoxes de la "pagaille" belge : masques inquiétants qui hantent les fêtes populaires, goût pour l'agitation politique et l'ironie de la farce, collages de couleurs contraires et de formes géométriques. "Je suis fier de Paul", assène le chanteur rocailleux, empreint de surréalisme, précisant : "Nous sommes tous des enfants de Magritte. Paul aussi."
Paul Van Haver (Stromae, prononcer Stromaï, à la bruxelloise) est un grand type dégingandé et longiligne, un métis belgo-rwandais portant costard et nœud papillon assorti, mocassins colorés, polos géométriques et chemises à col à motifs de papier peint – bleu indigo, jaune canari, rouge carmin. Ses collages musicaux sont à la mesure de ce corps incongru, de ses oreilles décollées, de sa taille de gazelle. "J'ai, dit-il, un physique androgyne, j'ai trois poils, un blond, un gris, un brun. A raser tout le temps."
Racine carrée, son deuxième album, a paru le 19 août. A la mi-juillet, il se livrait à un tunnel de séances photo à La Fabrique 22A, un studio installé rue Notre-Dame-du-Sommeil, juste derrière le quartier Dansaert. Tout près, un restaurant où l'on parle anglais en écoutant Nel blu dipinto di blu (Volare), de l'Italien Domenico Modugno, propose des sandwichs au makreel (maquereau), au vorkens pikant (porc épicé), au kip masala (poulet) et des boodje (des rôtis) – le patron vient du Suriname, l'ex-Guyane néerlandaise. "C'est le bazar bruxellois", définit Arno, cette imbrication de nationalités, ses "quinze bourgmestres, ses quatre langues". Nécessité faisant loi, il faut créer pour ordonner.
SE MOQUER DES PUISSANTS
La Belgique a été "un champ de bataille. Elle a été fabriquée au centre de l'Europe, cernée de puissants voisins, poursuit le chanteur. Nous sommes confrontés à plein de musiques, on est obligé d'inventer pour exister de manière authentique, sans copier. Ce qu'a fait Paul". Premier apport : les musiques électroniques, dont la Belgique est l'une des plaques tournantes en Europe du Nord, depuis la création du groupe Telex en 1978 jusqu'aux échantillonnages virtuoses des Gantois 2 Many DJ's. A cette musique de dance-floor, Stromae a ajouté des réminiscences africaines, du hip-hop, de la chanson, avec Jacques Brel en grand inspirateur. "Brel vivait aussi à Bruxelles. Paul a grandi dans la commune bruxelloise de Laeken, j'y ai vécu aussi. Quand on dort avec un chat, on attrape ses puces", conclut Arno
.
Sur la pochette de Racine carrée, Stromae pose de profil, long cou, coupe au bol, la forme du visage reprenant le symbole mathématique de la racine carrée. Il a des allures de bon élève, volcan assoupi, humeur cadrée. Il peut chanter en petit-nègre pour se moquer des puissants, raconter la mainmise belge sur le Rwanda en 1923, le "gros braquage de Léopold II sur le Congo, qu'il a pris pour son jardin" ; il peut battre les préjugés en brèche – "marre d'entendre que les Wallons sont chômeurs et les Flamands séparatistes". Toujours, il séduit. Il compose son rôle de perturbateur gracieux.
En 2010, Stromae chantait Alors on danse. Posté sur Internet par ce loupiot bricoleur en chambre qui s'était auto-intronisé Stromae, anagramme de maestro, la chanson était un constat amer et lucide de l'inconfortable condition européenne, des faux-semblants de la richesse sociale. La chanson avait passé les frontières, s'était vendue à 3 millions d'exemplaires dans le monde, notamment grâce "aux petites vidéos d'autopromotion, craquantes", dit Olivier Nusse, directeur du label Mercury/Universal, sa maison de disques.
Cheese, l'album, était sorti après le tube, bien trop tard. Charles Bensmaine, patron de la société de productions Auguri (M, Vanessa Paradis, Dominique A), a alors l'idée de restructurer la carrure du jeune artiste, par la scène. Aux Transmusicales de Rennes en 2010, Stromae a une carte blanche. Il y reprend la torride diatribe d'Arno – "Putain putain/c'est vachement bien/nous sommes quand même/tous des Européens" – avec lui. "Alors on danse était anecdotique, mais on a assisté là à l'éclosion d'une très forte personnalité, très belge, qui a créé une rupture dans la musique, comme Camille il y a quelques années, explique le critique rock Yves Bigot, qui a dirigé les programmes de la RTBF. Il a cette capacité de produire des textes chargés sur des musiques joyeuses, ce qui est le principe imparable du rock."
UN CLIP VU PAR 20 MILLIONS D'INTERNAUTES
Racine carrée a battu en une semaine le record de ventes francophones (25 000 albums en digital, 55 000 en CD). L'affaire avait été amorcée par deux succès, l'un de printemps, Formidable, l'autre d'été, Papaoutai. Le premier, dont le clip a été vu par 20 millions d'internautes, vaut par un refrain traînant comme un slam de fin de nuit ("Formidable, fooormidable/Tu étais formidable, j'étais fort minable/Nous étions formidables") et un riff de guitares tricoté à l'africaine. Le second, universel, pose la question de la paternité sur fond de musique de dance-floor ("Tout le monde sait comment on fait les bébés/Mais personne sait comment on fait des papas", "géniteurs" ou "génies", clip vu par 34 millions d'internautes).
Stromae est une antenne. Il capte, la crise, le sida, l'environnement, la misogynie, Twitter, la fausse richesse, depuis sa tour de contrôle bruxelloise. S'adresse aux métis, aux urbains, aux sans-père, à une jeunesse adepte du binge drinking, la cuite expresse. Stromae est un authentique malin, utilisant l'iPhone pour faire croire à une vidéo amateur le montrant ivre, débraillé, à l'arrêt d'un tram dans la pâleur d'un petit matin pluvieux. Quand il chante Formidable en direct dans l'émission de Frédéric Taddeï, "Ce soir ou jamais", il titube, exagère les références à Jacques Brel. Trois jours plus tard, il révèle la vérité en diffusant l'intégralité du clip : tout était comédie. Mais Brel ? "Je m'en inspire en effet dans l'interprétation. Il avait cette incroyable capacité de se mettre dans la peau de Jef, avec force, à fond. Et puis j'aime le "r" roulé comme les Flamands, avec la langue et le bas de la gorge", dit-il.
Pour Olivier Nusse, "ce qui fait la valeur de Stromae, c'est son talent pour glaner les histoires qu'il n'a pas vécues, et remettre le métier d'interprète sur le devant". Ainsi, le titre Formidable est né, explique son auteur, d'une rencontre fortuite avec un vrai ivrogne, "un SDF qui traîne tout le temps près de la place de la Bourse. Un peu travelo, portant une perruque. [Il est] passé un matin avec [s]on ex-copine. Il [leur] dit : "Ah ! Vous vous croyez beaux ?"" Puis, Stromae tricote des histoires à sens multiples, à mots cachés, d'une simplicité répétitive. Formidable, par exemple, est l'histoire d'un homme stérile, en butte à l'ostracisme social, fait remarquer un professeur de français qui a inscrit la chanson à son programme d'études. Oui, confirme Stromae. "Ce mec SDF était surtout largué. En le rendant stérile, je lui inventais une raison d'être paumé. Cela le revalorisait, le rendait attachant."
Plus loin, voici Quand c'est ?, pour le cancer ("T'as d'abord voulu te faire ma mère/T'as commencé par ses seins/Et puis du poumon à mon père/Tu t'en souviens ?"). Stromae raconte qu'il l'a fait écouter à sa mère, qui n'a pas de cancer. "Ça a jeté un froid sur le canapé. Moi, je suis le petit à sa maman, je suis un petit sage. Un peu schizo." La cuite de Formidable ? "J'ai été bourré une fois, je me suis mis la tête à l'envers et j'en ai pleuré de honte, je me touchais le visage, comme ça", raconte-t-il en posant ses longues mains sur ses joues.
L'ART DU PUNCH-LINE
Stromae a aussi un côté farceur, une qualité qu'il a repérée chez Cesaria Evora. Avec le rappeur Orelsan, il a composé Ave Cesaria, enregistrée avec des musiciens cap-verdiens et dotée d'une morale : "Malgré toutes les bouteilles de rhum, tous les chemins mènent à la dignité." Du rap, Stromae a pris l'art du punch-line, ces formules en forme de coups de poing poétiques. "Le rap m'a donné le goût du sens, je préférais la forme au fond. J'ai souvent envie d'essayer de bien parler. Je comprends le rap de la rue, mais je suis allé dans une bonne école" : un internat jésuite près de Namur, où ce féru de physique et de mathématiques monte Suspicion, un duo hip-hop, avec son ami J.E.D.I. Après leur séparation, Stromae se tourne vers la musique électronique, "pour [s]e différencier, [s]e libérer des carcans du rap, de l'enfermement du 120 BPM, des clichés".
Stromae il a plus de punchline que la plupart de vos "rappeurs".— Van der MAEN (@LeMAEN) September 1, 2013
La famille Van Haver compte cinq enfants, une fille, quatre garçons. Maman est flamande, papa était un architecte rwandais, "coureur et dragueur", adepte des allers-retours, un Tutsi, tué pendant le génocide. "Le Rwanda a su pardonner. Je ne peux pas jouer les Africains, je n'ai pas grandi avec mon papa. Ma mère avait une attache avec le monde entier. Elle voyageait en Amérique latine, elle écoutait Koffi Olomidé, Franco, Zao. Ces sons ont été gravés dans l'inconscient de la famille. Avec les cousins, les amis de ma mère, on dansait la rumba, le slow, la salsa." Tout mélangé. L'un des personnages de chanson de Stromae est un "bâtard", "quelqu'un qui ne choisit jamais, comme moi, de peur de se tromper, d'être jugé. Encore plus connard que celui qui va demander de choisir". Entre la gauche, la droite, les Hutu, les Tutsi, les Flamands, les Wallons, "bras ballants ou bras longs" ?
"Ah, bah, voilà, nous, les Belges, on a des expressions, commente Arno, rieur. On dit : "Non, peut-être ; oui, sans doute.
sources :
Drizzy
Après la sortie de son premier album en 2010, Thank Me Later, qui souffrit d'une comparaison à sa mixtape So Far Gone, le rappeur Drake promet qu'« avec l'esprit libre, un peu plus de temps, et un autre état d'esprit », il peut « faire un bon album ».
En novembre 2010, Drake révèle le titre de son deuxième album studio. En comparaison à son premier album, Drake révèle à Y.C Radio 1 que Thank Me Later a été fait à la va-vite : « Je n'ai pas pu prendre le temps que je voulais pour faire le disque. Je me suis précipité sur un grand nombre de chansons et musicalement, je n'ai pas eu le temps de m'asseoir avec le disque et me dire, « je devrais changer ce couplet ».
Une fois qu'il a été fini, il était fini. C'est pour cela que mon nouvel album s’appelle Take Care, parce que je dois prendre mon temps pour celui-ci. » — Drake Drake mentionne après la OVO Fest 2011 que Take Care pourrait avoir 18 chanson, et que Stevie Wonder contribue à la direction artistique de l'album et qu'il figurera sur l'album. L'album est principalement enregistré au Canada à Toronto.
Take Care est une chanson du rappeur Drake, extrait de son 2e album studio du même nom Take Care (2011). On retrouve la participation vocale de la chanteuse Rihanna. Alors que le single sort le 21 février 2012 sous format CD, 162,000 copies digital ont été téléchargé aux États-Unis. Le single entre à la 9e place dans le Billboard Hot 100.
L'un des opus les plus attendus de 2013 était bien entendu le troisième album de celui qui s’avère être incontournable depuis quelques années maintenant, à savoir Drake. Celui-ci nous revient avec Nothing Was The Same, album faisant suite à Take Care qui date déjà de 2011: Le moins que l’on puisse dire c’est que Drizzy à pris son temps pour peaufiner cet album. Si les critiques le concernant sont toujours vives et que ce dernier sait les raviver quand c’est nécessaire (on se souvient des remous engendrés par Wu-Tang Forever il y a deux semaines), on peut dire que le toujours membre de Young Money (oui, toujours) sait faire grimper le buzz ainsi que délivrer une musique de qualité, après tout Take Care n’a pas gagné un Grammy Award pour rien !
En novembre 2010, Drake révèle le titre de son deuxième album studio. En comparaison à son premier album, Drake révèle à Y.C Radio 1 que Thank Me Later a été fait à la va-vite : « Je n'ai pas pu prendre le temps que je voulais pour faire le disque. Je me suis précipité sur un grand nombre de chansons et musicalement, je n'ai pas eu le temps de m'asseoir avec le disque et me dire, « je devrais changer ce couplet ».
Une fois qu'il a été fini, il était fini. C'est pour cela que mon nouvel album s’appelle Take Care, parce que je dois prendre mon temps pour celui-ci. » — Drake Drake mentionne après la OVO Fest 2011 que Take Care pourrait avoir 18 chanson, et que Stevie Wonder contribue à la direction artistique de l'album et qu'il figurera sur l'album. L'album est principalement enregistré au Canada à Toronto.
Take Care est une chanson du rappeur Drake, extrait de son 2e album studio du même nom Take Care (2011). On retrouve la participation vocale de la chanteuse Rihanna. Alors que le single sort le 21 février 2012 sous format CD, 162,000 copies digital ont été téléchargé aux États-Unis. Le single entre à la 9e place dans le Billboard Hot 100.
L'un des opus les plus attendus de 2013 était bien entendu le troisième album de celui qui s’avère être incontournable depuis quelques années maintenant, à savoir Drake. Celui-ci nous revient avec Nothing Was The Same, album faisant suite à Take Care qui date déjà de 2011: Le moins que l’on puisse dire c’est que Drizzy à pris son temps pour peaufiner cet album. Si les critiques le concernant sont toujours vives et que ce dernier sait les raviver quand c’est nécessaire (on se souvient des remous engendrés par Wu-Tang Forever il y a deux semaines), on peut dire que le toujours membre de Young Money (oui, toujours) sait faire grimper le buzz ainsi que délivrer une musique de qualité, après tout Take Care n’a pas gagné un Grammy Award pour rien !
Toujours en se levant, en allant au taf, en rentrant le soir ... #NP Nothing Was The Same - Drake pic.twitter.com/HYMTAOvPAw
— ☁ Once Upon A Time ☁ (@LordNadAir) November 5, 2013
@le_gorafi @Legolas gencive!
— Jo (@Joprojekt) November 4, 2013
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